U4 Anti-Corruption Resource Centre

This Anti-Corruption Helpdesk brief was produced in response to a query from a U4 Partner Agency. The U4 Helpdesk is operated by Transparency International in collaboration with the U4 Anti-Corruption Resource Centre based at the Chr. Michelsen Institute.

Query

Qu’en est-il de la corruption en République démocratique du Congo ? Veuillez dresser un panorama des évolutions récentes des mesures et structures nationales de lutte anti-corruption.

Sommaire

1. Panorama de la corruption en RDC
2. Efforts de lutte anti-corruption en RDC
3. Références


Synthèse

Alors que la République démocratique du Congo (RDC) se relève d’une longue période de violence et d’instabilité, elle est confrontée à l’héritage d’une corruption endémique à tous les échelons de la société, qui compromet la viabilité des institutions sociales et politiques. Les crises politiques à répétition, l’insuffisance des infrastructures, un environnement réglementaire sous-développé, le manque de capacités institutionnelles et la faiblesse de l’État de droit sont autant de facteurs qui alimentent la crise persistante de gouvernance du pays.

La petite et la grande corruption, ainsi qu’un réseau complexe de clientélisme politique, s’insinuent dans tous les secteurs de l’économie, sapant les perspectives de développement et mettant en péril l’équilibre fragile de l’après-conflit. En dépit de ses richesses minérales considérables, l’extraction des ressources naturelles est toujours associée à une corruption généralisée, y compris au sein des forces armées, entraînant la violence, l’insécurité et le mécontentement de la population. La corruption au sein de l’administration douanière et fiscale, ainsi que dans la gestion des entreprises publiques, mine la capacité de l’État à percevoir des recettes et à sortir de l’ornière de la mauvaise gestion, du conflit et de la pauvreté.

Dans ce contexte, le pays dispose de moyens limités pour relever les défis que posent la gouvernance et la corruption. Rien n’indique qu’il existe une volonté politique forte de combattre la corruption ou que des progrès ont été accomplis en terme de lutte anti-corruption durant la période d’après conflit. Bien que, sous la pression de la communauté internationale,’un dispositif juridique solide ait récemment été mis en place pour enrayer la corruption, celui-ci n’en demeure pas moins peu efficace. Le pouvoir judiciaire souffre d’un manque de ressources et de capacités. Il est, de surcroît, confronté à de grands défis en matière d’indépendance, d’ingérence politique et de corruption. Les autres institutions de gouvernance sont, quant à elles, faibles ou inexistantes. Les médias et la société civile agissent dans le cadre d’un environnement restreint, et courent de grands risques d’intimidation, d’arrestation et de harcèlement dès qu’ils dénoncent la corruption qui sévit dans le secteur public.

Authors

Marie Chêne , Transparency International, mchene@transparency.org

Date

08/10/2010

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